Présentation

Fondé en 1962, les Percussions de Strasbourg sont des ambassadeurs mondialement reconnus de la création musicale. Riche d’un répertoire exceptionnel, le groupe alterne pièces phares du XXème siècle et commandes de nouvelles œuvres, avec les mêmes préoccupations : faire vivre un patrimoine contemporain en le revisitant sans cesse et continuer à innover, au-devant de l’élargissement des pratiques et des expressions scéniques.

Depuis sa fondation, le groupe est toujours au cœur de la création, grâce à sa complicité avec les compositeurs d’aujourd’hui et à la pluralité de ses propositions en termes de formats et d’outils : du duo à l’octuor, de l’acoustique à l’électronique, du récital au théâtre musical en passant par la danse…

Dédicataire de plus de 350 œuvres, le groupe poursuit l’entretien et le développement de son parc instrumental unique au monde. Il compte à son actif de nombreux enregistrements ainsi qu’une trentaine de prix internationaux, dont une Victoire de la musique classique en 2017 qui récompense la 1ère sortie discographique du label Percussions de Strasbourg, Burning Bright de Hugues Dufourt.

Leur engagement quotidien envers la transmission se traduit par des actions pédagogiques multiples notamment auprès du public des quartier de Hautepierre où l’ensemble est en résidence.

© Christophe Urbain

Plus d’un demi siècle de créations

Tout a commencé en 1959, lorsque Pierre Boulez fut invité à diriger son oeuvre Le Visage Nuptial à Strasbourg. Pour former le vaste pupitre de percussions dont il avait besoin, on réunit les musiciens des deux formations locales – l’Orchestre municipal et celui de l’ORTF. Les six jeunes musiciens – Bernard Balet, Jean Batigne, Lucien Droeller, Jean-Paul Finkbeiner, Claude Ricou et Georges Van Gucht – animés par une même énergie novatrice et audacieuse et soudés par une forte amitié, décident alors de fonder ensemble une formation de percussions : répertoire, choix des instruments, tout était à inventer… Jean Batigne présente le projet à Pierre Boulez pour qu’il l’aide à en trouver le nom : le « Groupe Instrumental à Percussion » deviendra par la suite « Les Percussions de Strasbourg ».

Très vite, la formation inspire l’écriture d’un nouveau répertoire par des compositeurs tels que Messiaen, Stockhausen, Serocki, Kabelac, Ohana, Xenakis, Mâche ou Dufourt… Comme le dira Pierre Boulez par la suite : « Un répertoire était nécessaire pour le Groupe mais le Groupe a rendu le répertoire nécessaire. »

En 1967, les six percussionnistes interprètent Ionisation de Varèse, avec l’accord du compositeur et grâce à l’intervention de Boulez, alors que la partition exige la participation de… treize percussionnistes. Là où l’on aurait pu voir la relève d’un défi, c’est la maîtrise musicale et le brio scénique qui s’imposent : l’interprétation est un succès et ouvre sa voie à un « groupe de genre » qui n’eut jamais de précédent.

Dès lors, les Percussions de Strasbourg ne cesseront de créer et d’innover sans relâche et tourneront dans le monde entier, participant aux plus grands festivals internationaux, de Berlin à Osaka, de Persépolis à Sydney, en passant par Royan, Donaueschingen, Edimbourg, Athènes, Israël, Sao Paulo, New York, Montréal, etc. Grâce à leurs nombreux voyages et une forte complicité avec les compositeurs, ils contribuent aussi activement à la recherche sonore et à l’invention de nouveaux instruments, tel le sixxen conçu par Xenakis.

Plus de cinquante ans après et avec l’arrivée de la quatrième génération des Percussions de Strasbourg, l’ensemble fait vivre un patrimoine contemporain en le revisitant sans cesse, innove sans relâche au rythme de l’évolution des nouvelles technologies et de l’élargissement des pratiques et expressions scéniques : un défi à relever pour inventer et explorer ensemble l’immensité du champ de la percussion mondiale au XXIème siècle.

2019 © Christophe Urbain

« Les Percussions de Strasbourg ont traversé la deuxième moitié du XXème siècle sans coup férir, à l’allure forcenée d’un catalogue de créations où les oeuvres originales se comptent non pas par dizaine mais par centaines. {…} En artisans du son, les Percussions de Strasbourg ont ainsi contribué à « inventer » – le terme est bien pesé – la percussion moderne, son écriture et sa facture. »
Mouvement

« Les six percussionnistes de Strasbourg pratiquent toutes les percussions : du marimba aux crotales, des jeux de cloches aux cencerros, des congas aux bongos, du vibraphone aux gongs et tam-tams. Par leur virtuosité multiforme, leur admirable technique instrumentale, leur sûreté rythmique, ils ont permis et provoqué la naissance d’un grand nombre d’oeuvres modernes, et sont en partie responsables du renouveau de l’instrumentation contemporaine. »
Olivier Messiaen

« En bientôt soixante ans, les Percussions de Strasbourg ont assimilé une famille instrumentale représentative de tous les continents, élargissant le monde sonore occidental au point d’en déplacer les assises. Par-delà les conquêtes techniques et l’originalité d’un répertoire que rien ne raccorde au passé, le groupe a su donner une cohésion à un matériau apparemment hétéroclite et l’a fondu en un seul creuset. »
Hugues Dufourt